Arménie : plusieurs journalistes visés et blessés par des forces de l’ordre au cours d’une manifestation

L’ONG Reporters Sans Frontières (RSF) a réagi suite à l’affrontement entre les forces de l’ordre arméniennes et les manifestants devant le Parlement. Les autorités ont lancé une trentaine de grenades assourdissantes sur les manifestants le 12 juin dernier. Une dizaine de journalistes et une centaines de personnes, polices et manifestants confondus, ont été blessées. RSF dit être “profondément choquée par l’utilisation de grenades assourdissantes ayant touché des journalistes.” Découvrez l’article de RSF dans son entièreté ci-dessous․

Au moins dix journalistes ont été blessés, et leur matériel endommagé, lors d’une manifestation violemment réprimée par la police dans la capitale arménienne, Erevan. Profondément choquée par l’utilisation de grenades assourdissantes ayant touché des journalistes, Reporters sans frontières (RSF) appelle à ouvrir une enquête transparente et indépendante afin de traduire en justice les responsables de ces agressions.

Les forces de l’ordre arméniennes ont lancé mercredi 12 juin des grenades assourdissantes en direction de journalistes et caméramans, blessant au moins sept d’entre eux. Des images montrent qu’ils étaient clairement identifiables. Cinq autres ont subi des violences lors de heurts entre la police et les manifestants. Ils couvraient une manifestation pour la démission du Premier ministre Nikol Pachinian, devant l’Assemblée nationale à Erevan, la capitale.

“L’utilisation ciblée de grenades assourdissantes et les violences contre les journalistes du 12 juin sont révoltantes. Rien ne justifie les blessures occasionnées, ni les destructions matérielles dont les professionnels des médias ont été victimes. RSF rappelle aux autorités leurs engagements internationaux à assurer la protection des journalistes dans l’exercice de leur métier. Toute la lumière doit être faite sur ces attaques et les responsables doivent être traduits en justice.

Jeanne Cavelier
Responsable du bureau Europe de l’Est et Asie centrale de RSF

Touchés par les explosifs lancés par les forces de l’ordre, le journaliste Aghvan Asoyan et le caméraman Edik Malakyan du site d’opposition abcmedia.am ont été hospitalisés, de même que le caméraman Hovsep Hovsepyan du média d’opposition Armlur.am. Un troisième opérateur, Narek Hayryan, du média indépendant en ligne CivilNet.am, souffre de vertiges. En courant pour échapper aux grenades assourdissantes, alors que des manifestants arrivaient en sens inverse pour les éviter eux aussi, le caméraman du média en ligne News.am Vazgen Yetumyan s’est quant à lui cassé la jambe. D’autres journalistes, comme Nare Gevorgyan du site d’opposition Mediahub, ont été blessés lors des affrontements. La plupart ont vu leur matériel coûteux, dont des caméras, endommagé par les déflagrations ou les violences. RSF avait déjà dénoncé des violences policières délibérées contre les journalistes lors de manifestations en mai dernier.

Au même moment dans l’hémicycle, alors qu’une confrontation a éclaté entre députés du pouvoir et de l’opposition, des agents de sécurité ont fait irruption dans la loge d’observation réservée aux journalistes. Ils ont expulsé par la force une partie d’entre eux, dans une tentative claire d’obstruction à leur travail, mettant à mal la liberté d’informer.

leave a reply